Article paru dans l'Est Républicain le
20.08.2006
Estelle SAKOWICZ
Les vétérans au tournant
Sur la ligne d'arrivée, place Carrière, les
curieux s'amassent au son du vrombissement des motos du désormais
légendaire Liège-Nancy-Liège.
"Vroum !"
Jamais une onomatopée n'avait mieux caractérisé le vrombissement des
motos d'avant 1945. Arrivée remarquée des 133 participants au rallye
Liège-Nancy-Liège, place Carrière, hier à 18h pétantes.
Contrairement à l'année dernière, trois Français ont participé à
cette épopée majoritairement belge et hollandaise. Le rallye connaît
une fréquentation exponentielle. Cette année, on dénombre
trente-cinq marques différentes.
L'aventure a
commencé il y a 28 ans, quand onze "fous" décidèrent de chevaucher
leurs bécanes en direction de Nancy, ville jumelle de Liège. Peu de
gens parient alors sur ces aventuriers, aujourd'hui vétérans. Michel
Bovy et Jacques Filansif sont toujours de la partie. Une revanche
pour Michel, frère jumeau du président du club, que la monture avait
fait chuter l'année passée dès les premiers kilomètres. "Tout s'est
bien passé avec ma moto belge de 1927, de marque Alfred Bovy... Non,
ce n'est pas la même famille !" Pour lui, qui connaît la route par
coeur, "le plaisir est d'abord de dénicher cette merveille,
l'entretenir, parfois la restaurer, et bien sûr la faire vibrer".
36 km/h en moyenne
Ce
n'est pas la course ! Mais davantage un parcours de régularité
permettant aux cavaliers d'être attentifs à leur allure durant les
367 kilomètres séparant les deux villes. Un périple qui reste
"éreintant" pour Hubert Dupont âgé de 70 ans rappelant que sur sa Triumph Trophy de 1951 "il n'y a pas de suspension à l'arrière".
Depuis la 11è
édition, les pilotes de plus de 60 ans sont autorisés à utiliser
une machine plus récente, mais d'avant 1960 tout de même. Sinon, ce
n'est plus du jeu !
Ce matin,
comme ils sont arrivés, les vétérans repartiront en file indienne,
toutes les vingt secondes, dans la direction opposée.
Rendez-vous
dans un an.