Des chromes et du cuir
Beau
succès populaire pour le 9è rassemblement de Harley-Davidson des
Thunderbirds, hier à Moncel-sur-Seille.
Une sensation unique de "liberté" et de puissance, le
"ronronnement" si particulier du moteur, la possibilité de
personnaliser leur "bécane" comme bon leur semble... les amateurs de
Harley Davidson sont intarissables sur les qualités de cette
deux-roues "mythique", fabriquée depuis 1903. "Un siècle d'histoire,
ce n'est pas rien", glisse Jérôme, un jeune motard d'Agincourt,
avant d'enfourcher sa "Softail custom" de 1993, un modèle qui ne
déparerait pas sur les routes de l'Ouest américain, avec sa selle à
franges et son chef indien peint sur le réservoir. "Ce qui est
agréable, avec la Harley, c'est que ça touche toutes les couches
sociales de la population. La marque n'est pas prête de s'éteindre".
Comme Jérôme, des centaines de fans de Harley de tout le
Grand Est ont rallié, hier, l'ancienne gare de Moncel-sur-Seille, où
l'association Thunderbirds, traduisez "Oiseaux de tonnerre",
organisait, en partenariat avec la commune , son 9è "Thundershow".
Une manifestation toujours aussi conviviale, loin de l'image des
hordes de voyous en blousons noirs longtemps véhiculée par les
inconditionnels de la Harley. Ici, chacun vit sa passion comme il
l'entend. Le jeune cadre fortuné qui vient de s'offrir un étincelant
modèle haut de gamme cohabite sans heurts avec les amateurs de
"rats", comme on surnomme ces Harley poussiéreuses que des puristes,
tout vêtus de cuir, s'évertuent à maintenir le plus "crades"
possible, tout en bichonnant leur mécanique.
Chopper ou bobber ?
"On considère que 75% des Harleys produites depuis 1903
continuent de rouler, ce qui est quand même une performance rare",
explique Patrick Krell, le président de la section lorraine de
Thunderbirds, qui a attiré plus de 4.000 personnes sur le site hier.
"Il existe des catalogues où l'on peut trouver toutes les pièces de
tous les modèles, jusqu'à la moindre rondelle. Elles sont toutes
référencées, il faut juste le temps de les faire venir des States".
En ce début de siècle, la tendance est au retour du "chopper", façon
"Easy Rider", une Harley reconnaissable à son angle de fourche
relevé, "beaucoup plus fine et aérienne" que le "bobber", "une
machine basse, assez trapue, massive, avec un guidon plat assez
large et une grosse roue à l'avant".
A Moncel, sur fond de musique rock'n'roll distillée dans
l'après-midi par les groupes Pig Poch et High Numbers, le public
sillonne entre les alignements de "bécanes", les stands de pièces
détachées et d'accessoires, les voitures américaines, le circuit de
mini-motos et le terrain de paint-ball. Pendant ce temps, les
puristes discutent des dernières nouveautés, râlent contre les
récentes promos sur les motos neuves lancées par Harley Davidson,
"qui risquent de déstabiliser le marché de l'occasion". Sur son
stand, Mickaël Aba Perea présente des échantillons des peintures
personnalisées qu'il réalise dans son atelier, à
Bouxières-aux-Chênes. Lui et son associé, Stéphane Melloni,
s'apprêtent à lancer une collection de "bike wear", des "fringues"
pour bikers, sous la marque "Vilain garçon". Les motos sportives que
l'on pilote "la tête dans la bulle", disent-ils, c'est pas notre
truc. Nous, en Harley, c'est la balade tranquille, un certain état
d'esprit, et des bonnes vibrations".
Benoît GAUDIBERT