
Michel BORiE
nous a quitté le 14 août 2007 à 65 ans.
Rappelons-nous que le Livre de
l'Histoire Harley en France s'est ouvert et écrit avec et grâce à la Famille BORiE depuis 1946.

Page & photos tirées du site
de la Concession Michel BORIE Distribution
Texte écrit par Gaby et paru dans le Magazine Freeway n°11, nov. 1992
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Lorsqu'en 1946, Monsieur Borie père devient importateur officiel
Harley-Davidson pour la France, Michel est âgé de quatre ans.
Son enfance et son
adolescence ont été bercées par le bruit des VTwin, 750 Laté et
Panhead entre autres. En effet, l'atelier paternel servait de point
de rendez-vous à toute la famille et quand Michel et son frère
sortaient de l'école, ils se rendaient sans trop tarder dans
"l'antre" mécanique du père. Un bon moyen d'avoir l'oeil sur les
rejetons !
C'est sûrement dans ces
années là qu'il faut chercher l'origine de la passion de Michel pour
la mécanique. Sa scolarité le mène jusqu'à l'obtention, en 1961,
d'un bac technique. La même année, à la faveur du rachat par
Harley-Davidson de la branche moto, Mr Borie devient également
importateur d'Aermacchi.
Michel voulait se destiner
aux études d'ingénieur, il passe alors tout son mois de juillet à
courir les différentes écoles préparant au diplôme. Mais ayant
échoué aux examens d’entrée, le devoir l’appelle sous les drapeaux ;
dans ces années de guerre en Algérie, les sursitaires n’étaient pas
bien vus. Par chance pour lui, le sergent recruteur le classe "T2"
et Michel retourne dans son foyer. Ayant tiré un trait définitif sur
les études, M.B. entre dans la vie active en qualité de "ripeur"
chez un transitaire. |
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La petite famille Borie
dans les années 20, déjà en Harley !

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Peu de temps
après, il intègre le département import de matériel de Travaux
Public de la même société. Au bout d’une année de labeur, Michel
peut enfin acquérir une moto. Non ce n’est pas une Harley. Il n’en a
pas les moyens et son père est intransigeant sur les questions
d’argent.
Chez les Borie, on se fait tout seul. Comme il est passionné de
course moto, et son père s’occupant d’une petite écurie qui court
sous les couleurs Aermacchi, Michel se déplace en Europe pour
participer en "spectateur/ chronométreur" aux différentes manches
du Continental Circus.
Parallèlement, Michel découvre le Bowling et en 1965, suite à un
incident, Michel raccroche son cuir mais pas pour longtemps ! La
même année, il change de boîte. Il intègre en tant qu’aide
ingénieur, le service département et conception de matériel de
conditionnement d’une grosse société de cartonnage. Mais Michel a
une idée qui lui tient à cœur. Il souhaite construire sa propre
moto.
L’idée qui anime notre homme est la suivante : mettre un moteur de
voiture dans une partie cycle de moto.
Mr Pierre Borie n’y croit guère et son fils est alors obligé de
trouver un autre endroit pour bricoler. Pour construire la "Michel
Borie", c’est le nom qu’il donnera à sa création, Michel est parti
d’un cadre de Norton à qui il a fait subir tous les outrages afin de
pouvoir monter un moteur de DKW.
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Ce moteur
deux temps, de faible encombrement, possédait une cylindrée de 1000
cc et était refroidi par eau. Toute la partie mécanique était
masquée par des caches latéraux, dans un souci évident de "cacher"
la misère. C’est à Monsieur Borie père que reviendra l’honneur de
fignoler les dernières mises au point mécaniques. Il sera d’ailleurs
le deuxième pilote à la conduire. Il est satisfait du fiston.
Fabriqué avec peu de moyens, Michel parvint tout de même, après 18
mois de travail, à faire passer son prototype devant le service des
mines en 1968. Dans son édition du n°1892 datée du 20 Juillet de la
même année, "Moto Revue" consacre un article de quatre pages à la
moto de Michel Borie sous le titre : "Un français sur les traces de
Munch - la spéciale de Michel Borie". Si Michel Borie n’a jamais
envisagé la production en série de sa moto, celle-ci est
l’aboutissement d’une période où, de son propre aveu, il a beaucoup
appris. Il la considère comme un véritable C.A.P. de mécanique. En
1976, il en a ras le bol du train-train quotidien. Il se décide à
reprendre le commerce familial. Monsieur Pierre Borie, alors âgé de 66
ans, passe la main et Michel devient concessionnaire AMF dans le
petit atelier de la rue de Picpus. |
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C’est
l’époque des "vaches maigres" consécutive à une politique
commerciale incohérente de la part d’AMF. Pour ceux qui n’ont pas
connu cette époque, il faut savoir que la "boutique-atelier"
n’avait pas pignon sur rue. Elle était située dans l’arrière cour
d’un immeuble. Sa superficie au sol ne devait pas dépasser les 50m²
auxquels il fallait ajouter une mezzanine de 15m² et pourtant
c’était une véritable mine d’or. Le stock était constitué
entièrement de pièces mécaniques ; à cette époque là, la ligne
d’accessoires était inexistante. Chez Borie, il ne se vendait que du
matériel Harley et lorsqu’une machine était trop transformée, il
arrivait que l’on en refuse l’entretien par souci de conscience
professionnelle et de travail exécuté dans les règles de l’art. En
1981, Harley-Davidson sort du giron d’AMF. La filiale
Harley-Davidson Europe est créée et la firme en profite pour faire
le ménage, Michel Borie fait partie des 9 concessionnaires français
qui serviront de bases à la création du réseau actuel nécessité par
la nouvelle politique commerciale de la firme. La législation
française oblige les marques étrangères à être représentées par un
citoyen français et Michel Borie devient en 1982 le représentant
accrédité auprès des services administratifs français. |
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Richard
Teerlink, Harriet Borie, Michel Borie et Jeff Blustein
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En résumé,
il est l’intermédiaire entre les Services de Mines et
Harley-Davidson. La même année, il rencontre Harriet qui deviendra
en 1986 Madame Borie. En 1983, M. Borie effectue son premier stage
technique dans les locaux d’Harley Europe. Harley est au creux de la
vague et la fiabilité douteuse des 1340 Shovelhead ne contribue pas
à redorer le blason. Mais dans l’atelier de la rue de Picpus, on
voit les choses du bon côté. Si les nouveaux clients sont rares, les
habitués eux ne lâchent pas prise. |
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Juin
1991, 45ème anniversaire de la concession
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1985 est à
marquer à l’encre noire puisqu’une petite trentaine seulement
d’Harley-Davidson seront immatriculées cette année là. On se pose
alors des questions. Heureusement, outre Atlantique, le moteur Evolution fait son apparition. Plus fiable, celui-ci a bonne presse.
Toute la gamme Evolution passe aux mines et dès les premiers jours
de l’année 86, les ventes ont à la hausse, Michel Borie embauche son
premier salarié. Sur l’atelier de Picpus pèse la menace d’une
expulsion et pour ne pas se laisser prendre de court, Michel ouvre
une boutique avenue du Bel Air en 1987. |
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C’est
l’année où les Softail fleurissent au coin des rues et dans les
pages des magazines. Les samedis après-midi sont sympathiques et il
n’est pas rare que le rideau soit baissé tardivement après l’apéro.
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Pierre Borie en 1967 lors du record de vitesse 350 cc à Montlhéry
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Dans
l’atelier on ne chôme pas, il faut faire face. Les trois années qui
suivirent connaîtront peu de changement, si ce n’est une
augmentation régulière de la clientèle. Le besoin de s’agrandir se
fait sentir, la boutique de Bel Air est saturée et l’application de
la politique commerciale d’Harley-Davidson nécessite des locaux plus
grands. En 90, à Paris, l’immobilier étant hors de prix, la
recherche s’oriente sur la proche banlieue parisienne. |
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Quand Michel
et Harriet visitent pour la première fois les locaux d’Ivry, c’est
ici et pas ailleurs qu’ils veulent s’installer. Il faut dire que
l’endroit ne manque pas de charme. C’est vaste, il y a un petit
jardin et une grande cour prête à accueillir les motos des clients.
Le magasin est conçu suivant les nouveaux standards de la marque.
L’atelier occupe une belle surface, son effectif triple et un
magasinier est embauché. Petit à petit, l’équipe s’étoffe et
l’ambiance qui y règne n’est pas triste. Lors des différents rallies
auxquels l’équipe participe, on parle plus souvent du team Borie.
Michel souhaite d’ailleurs créer un chapitre local du H.O.G., au
sein de sa concession, si bien sûr les clients se sentent concernés
et intéressés par cette expérience.
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Paris
S/E Chapter au rassemblement HOG européen en Allemagne, mai 95
mai 95
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Persuadé
qu’il est impossible de faire l’unanimité, Michel Borie estime que
le client est absolument libre de son choix. Le courant ne passe pas
toujours entre les individus, c’est tout à fait naturel. Mais quand
on lui demande s’il a effectivement mauvais caractère, il répond
tout simplement qu’il a du caractère. Il s’avoue plus souple que ne
pouvait l’être son père. Mais comme lui, il n’a pas envie de se
faire marcher sur les pieds. En 1992, pour ses cinquante ans, et 46
ans après son père, Michel Borie se lance dans un autre challenge en
devenant importateur pour la France des motos Buell. Michel avoue
qu’il ne roule pas autant qu’il le souhaiterait. Quand on est
concessionnaire, le temps libre est rare. Mais dès qu’il en a
l’opportunité, il ne rechigne pas à enfourcher son Low Rider
Convertible pour se rendre aux rallies et autres fêtes qu’organisent
ses amis. Créée en 1946, la concession Harley-Davidson de Michel
Borie n’est pas tournée vers le passé, elle vit dynamiquement dans
les années 90 !!! |
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texte paru
dans Freeway n°11, écrit par Gabriel Dujardin, nov. 92
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Michel était passionné de moto en
général et de Harley en particulier.
Il est le premier à faire courir une Buell en France.
La moto fut confiée à Christophe Guyot en 1994.
Froadster* a retrouvé une vidéo dans celles que lui a confié Christophe
... pour se souvenir de Michel.
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Wild Motorcycles 71 - octobre 2007



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