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Daniel
Authouart
Peintre français (1943 - )
Textes & commentaires de Obéron
A 14 ans Daniel quitte l'école avec le certificat d'Études Primaires.
Trop jeune pour rentrer à l'école des Beaux-arts de Rouen, il patiente en
dessinant, conseillé par le peintre Gustave Legros qui, pour premier
exercice lui fait copier "Au Moulin Rouge" de Toulouse-Lautrec.
La peinture se révèle à Daniel. Sans doute suite à cela, Daniel se rend
fréquemment au musée des beaux-Arts dont il admire "La flagellation du
Christ à la colonne" du Caravage.
A 16 ans, Daniel peut rentrer à l'École des Beaux-Arts de Rouen où il étudie
successivement la peinture, l'architecture intérieure et la publicité.
Il entre à l'Éducation Nationale en 67... qu'il
quitte en 1974 pour se consacrer exclusivement à la peinture.
Il est exposé aujourd'hui dans le monde entier.
Pour
en savoir plus sur l'artiste :
http://www.authouart.fr/
A la recherche du temps perdu sur fonds de polar et d'angoisse... Au centre de l'image, Charlot et le Kid regarde passer un héros de film noir et sa fiancée... Une gouache de 1995 (80X60cm) intitulée "Rock show" "Une Cadillac pour Marilyn"
Hommage au cinéma américain des années cinquante avec "Bus stop" film de 1956 avec Marilyn Monroe que l'on voit sur l'écran noir et blanc. Beaucoup d'allusions émouvantes à Marilyn avec en particulier le titre "the river of no return" , magnifique western avec Robert Mitchum (à droite) qui fut son premier grand film ; et "The Misfits" ("les désaxés" en français)à gauche, film dramatique de John Huston (1961), dernier film de Marilyn avec Clark Gable et Montgomery Clift. En lettres rouges, "les hommes préfèrent les blondes" de Billy Wilder.
Et toujours ces grandes lignes de fuite suggérant la modernité, l'optimisme et le dynamisme néanmoins atténués par la relative décrépitude du décor comme pour signaler : attention, tout cela ne dure qu'un moment... Daniel Authouart est de cette génération qui a grandi dans l'immédiat après-guerre. Enfant fasciné par l'American way of life, puis jeune homme de 68, de Woodstock et de paix au Vietnam, il reste épaté par les Etats-Unis et notamment New York pour le condensé d'occident qu'il nous offre : société du spectacle et de la consommation, du jeu et de la décadence, du paraître et de la violence, de l'avoir plutôt que de l'être.
Le tableau suivant, "Canal Street", illustre cette fascination sans être dupe de sa fonction et de sa superficialité. Fragilité et vacuité du décor dans lequel se meuvent des personnages multiples : une Marilyn qui semble y croire ou fait semblant, un jeune blouson de cuir interpellé par les journaux, eux-mêmes emportés par le vent de l'histoire ou plus simplement par la succession des jours sans vie...
Au fond, vous distinguez un paquebot. C'est celui du film de Fellini "8 et demi", autre référence récurrente chez Daniel. Le détective qui sort du cabriolet Jaguar avec sa poupée est Rip Kirby, héros de BD policière des années 60. On aura reconnu en bas à gauche le faux insert d'une photo d'Humphrey Bogart et Lauren Bacall, icônes du film noir américain. Hommage au cinéma italien et à Fellini en particulier avec cette splendide Ferrari autour de laquelle l'univers fellinien s'agglutine en images arrêtées.
On reconnaîtra la Gelsomina de La Strada, Anita Ekberg (Dolce Vita) au volant du bolide, Fellini et Vittorio Gassman en conversation, le paquebot de "Huit et demi", etc. Les objets "souillant" les espaces aussi divers soient-ils, plage, rue, appartement, ... figurent les sédiments de vies écoulées, les "valises" de chacun, les évènements enfouis dans l'inconscient et qui, contre notre volonté consciente, viennent polluer notre vie, notre communication. Les espaces salis peuvent être interprétés comme des existences parasitées.
Autrement dit, la vie est belle mais ce n'est pas toujours facile... Qu'a-t-on caché sous l'eau de la piscine ? Métaphore de l'inconscient ou du temps qui passe ? Ambiance dramatique qui fait penser à une fin de film (genre bon mélo de Douglas Sirk), lumière de fin du jour, et le bleu nuit de la Thunderbird à se damner ! En insert, une BD d'aviateur (Buck Danny ?). Notez le fer à cheval à l'arrière de l'auto... Le vaisseau s'est ensablé dans les souvenirs accumulés et le fantôme libéré s'en retourne vers nos rêves engloutis.


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